Sébastien le Prestre de Vauban, né le 15 mai 1633, mort à Paris le 30 mars 1707, a obtenu son brevet d’ingénieur du roi à l’âge de 22 ans.

Il fut ingénieur militaire au service du roi XIV pendant 53 ans et surtout un génie de l’architecture de cette époque.  Maréchal de France sous le règne de Louis XIV, qui s'illustra comme spécialiste des techniques de siège et de fortification.

Né dans l'Yonne au sein d'une famille de petite noblesse, Vauban, âgé seulement de dix-sept ans, combattit tout d'abord pour LouisII, prince de Condé, pendant la Fronde, avant d'être fait prisonnier et incité à changer de camp. Désormais au service de Mazarin, il dirigea son premier siège à Clermont-en-Argonne et fut nommé ingénieur ordinaire du roi en 1655. Pendant l'invasion française en Flandre espagnole, en 1667, Vauban dirigea remarquablement les sièges de Douai et de Lille et attira ainsi l'attention du monarque. Chargé dès lors des grands sièges de la guerre de Hollande, il construisit les places fortes de Flandre, dont les forteresses d'Arras et de Lille. Ayant ainsi prouvé son talent d'urbaniste, il fut amené par la suite à concevoir de nombreuses villes de garnison. Son système des parallèles d'attaque qui avait permis de remporter Maastricht (1673) fut efficacement appliqué par toutes les armées. En 1678, Vauban, fort de tous ces succès, fut nommé commissaire général aux Fortifications, puis promu au grade de général de corps d'armée en septembre 1688. Il servit activement pendant la guerre contre la triple alliance, et dirigea avec succès de nombreux sièges, dont ceux de Mons (1691) et de Namur (1692). Il usa de son sens très fin de l'utilisation stratégique de la topographie dans la fortification des frontières nord et est de la France. En 1703, bien que nommé maréchal de France, il commença pourtant à perdre les faveurs du roi, en proposant un système de fortification. Mais surtout, son Projet de dîme royale (1707), ouvrage dans lequel il préconisait la levée d'un impôt unique (10 p. 100) perçu sur les terres et le commerce, dont nul ne serait déchargé par privilège, fut la principale cause de sa disgrâce. Le gouvernement interdit la publication de cet ouvrage qui critiquait ouvertement la politique du roi, et donnait à voir la crise sociale latente du royaume. Quoi qu'il en soit, l'œuvre de Vauban demeure immense. Au cours de sa carrière, Vauban dirigea plus de cinquante sièges, consolida quelque deux cent soixante-dix forteresses, et en conçut plus de trente. La fortification de la place forte de Landau, en Bavière, qui date de 1687, est parfois considérée comme son œuvre la plus aboutie. Son énergie créatrice ne s'est pas limitée à l'art du siège. Il développa la technique du tir à ricochet et inventa en 1687 la baïonnette à bague de fixation creuse, qui permettait de faire feu même avec la baïonnette fixée au bout du mousquet. Par ailleurs, il écrivit de nombreux ouvrages qui traitent aussi bien d'ingénierie militaire que de sujets d'actualité. À noter son remarquable Des sièges et des fortifications, écrit en 1705-1706. C'est en prenant conscience des troubles sociaux engendrés par la révocation de l'édit de Nantes et de la misère grandissante qu'il s'opposa ouvertement à la politique de Louis XIV, ce qui entraîna sa disgrâce.

Ce qui étonne, vu les moyens de locomotion de l’époque, c’est la comptabilisation du nombre de kilomètres qu’il effectuait par an. Une moyenne de 3168 kms d’après Anne Blanchard, ce qui représente 150 jours de voyage par an.

Vauban a traversé la France dans tous les sens et a observé la misère du peuple. Humaniste et écrivain, son dernier ouvrage “La dîme royale” fut condamné par le roi.