EN PREMIER : CHÂTELAILLON

La Rochelle, village de pêcheurs, est fondée au Xe siècle sur une plate forme rocheuse au milieu des marais.

A l'aube du XIIe siècle, La Rochelle n'est qu'un point sur la carte. La seigneurie importante en Aunis est Châtelaillon. Les mentions les plus anciennes de La Rochelle, lieu de marais salants et de pêche, remontent à la fin du XIe siècle. Vers 996, elle n'était qu'une bourgade sans importance, dont les habitants vivaient assez loin de la mer, autour de l'église de Notre-Dame-de-Cougnes.

Le site gallo-romain des Minimes, le site du quartier Saint-Maurice, à Quatre-Fages et la villa agraire de Saint-Eloi attestent que dès l'époque romaine, le site de La Rochelle était un centre agricole.

Au début du XIIe siècle, les ambitions des seigneurs de Châtelaillon inquiétèrent les ducs d'Aquitaine. Elbe de Châtelaillon, s'étant emparé de l'île d'Aix et d'une partie de l'île d'Oleron, fut excommunié. Son fils Isambert fut dépossédé de son fief par Guillaume X en 1132. Le duc d'Aquitaine décida de développer La Rochelle au détriment de Châtelaillon qu'il venait de conquérir. La Rochelle devint un port important.

Vers 1157, apparaît, pour la première fois en France, un maire à La Rochelle : Guillaume de Montmirail. (non, non, je ne vous fais pas les "Visiteurs 3").


FRANÇAISE OU ANGLAISE ?

Le remariage d'Aliénor d'Aquitaine, après sa rupture avec le roi de France Louis VII, avec Henri Plantagenêt, qui deux ans plus tard, devint roi d'Angleterre sous le nom d'Henri II, firent passer la Rochelle sous la domination anglaise. A partir de 1154, l'Aunis et la Saintonge se trouvèrent unies à la couronne anglaise par un lien personnel. Au cours des trois siècle suivant, au hasard des vicissitudes politiques, La Rochelle passe de  l'Angleterre à la France (et vice versa).
Français ou Anglais, le souverain s'efforce de garantir la fidélité des Rochelais en leur donnant des privilèges communaux.
Par exemple, entre 1172 et 1178, Henri II concéda aux Rochelais une commune qu'Aliénor confirma en 1199. Donc, jusqu'en 1628, La Rochelle eut à sa tête un maire élu et un conseil de pairs et d'échevins aux pouvoirs très étendus.


LE COMMERCE MARITIME

La dureté et la durée des deux guerres de Cent Ans n'ont pas empêché le développement du commerce maritime où le vin et le sel ,"l'or blanc", occupent une place prépondérante. Ils sont exportés, tandis que l'on importe du blé, de la laine ou des draps.

Les marins de La Rochelle entreprennent le dangereux voyage de la Bretagne pour gagner l'Angleterre, la Flandre et la Hollande. Mais malgré cela, le port de La Rochelle reste, pendant des siècles, rudimentaire car incapable de recevoir des navires de gros tonnage.

Pendant plusieurs siècles, le sel fut le principal produit de la côte aunisienne et saintongeaise. Les seigneurs retiraient de l'exploitation des marais une partie importante  de leurs revenus. Au XVe et XVIe siècle, la bourgeoisie acquit des marais salants. Une taxe dite du quart du sel, ou "quartage", était perçue à la sortie des marais salant sur la valeur du sel, majorée des frais de transport, ou à des bureaux établis à Saintes, Tonnay-Charente et Pons, où les marchands apportaient leur sel.

LA REFORME PROTESTANTE

L'introduction du protestantisme plongea La Rochelle dans une ère de combats fratricide. Devenue  place forte des protestants, elle essaya de conserver les îles de Ré et d'Oléron, bastion avancé de sa défense, portes tournées vers l'Angleterre d'où pouvaient venir secours et ravitaillement.

Pour défendre leurs idées religieuses et leurs opinions politiques, les réformés font appel à des imprimeurs protestants. Cela contribue à l'éclosion d'une vie intellectuelle riche. Au XVIIe siècle, grâce à l'historien et voyageur, Jacques Esprinchard, une bibliothèque publique se constitua. Son fonctionnement pendant plus de vingt ans, montre que pour les protestants, il était très important de rendre le patrimoine religieux et intellectuel accessible au plus grand nombre. Richelieu la confisqua en 1628.

En 1572, la ville refusa de recevoir le gouverneur nommé par le roi. Malgré les tentative de conciliation faites par François de la Noue, "le Bayard huguenot", envoyé par Charles IX à La Rochelle, le corps de la ville maintient son refus. Au mois de décembre 1572, le maréchal de Biron assiège le devant de la ville. Le Duc d'Anjou, futur Henri III, prit le commandement des forces royales. Son élection comme roi de Pologne facilita les négociations et le retour de la paix qui fut signée le 26 juin 1573. Ainsi, le premier siège de La Rochelle se terminait, sans vainqueurs ni vaincus.

Dès lors et jusqu'à l'édit de Nantes (1598), La Rochelle défend ses privilèges, tout en affirmant son loyalisme au roi. L'édit de Nantes, rétablissant le culte catholique, fût accueilli avec réticence par les Rochelais. Il ne constitua qu'une pacification provisoire dans un pays dévasté.

Henri IV par vint non sans peine à pacifier la ville mais après son assassinat, en 1610, les problèmes ressurgissent et la lutte est inévitable entre le pouvoir royal et les Rochelais. Les réformés étaient divisés en deux partie :

   Le parti de la modération, représenté par Philippe Duplessis Mornay, qui prônait la fidélité au roi et l'esprit de conciliation.

   Le parti de la rébellion à tout prix mené par le Duc de Rohan.

Le 25 décembre 1620, l'assemblée générale des protestants, malgré l'interdiction royale, se réunit à La Rochelle et se donne les pouvoirs d'un gouvernement. En 1622, le deuxième siège de La Rochelle se termine par la paix de Montpellier. Mais les intrigues de Soubise et Rohan ranime la lutte. Les protestants sont battus dans l'île de Ré et l'île d'Oleron. La Rochelle, ayant perdu sa flotte, abandonnée par l'Angleterre, doit accepter les conditions royales.

Soubise, réfugié à Londres, s'efforce d'obtenir l'appui de la cour anglaise. Trouvant un allié en Georges Villiers, duc de Buckingham, les hostilités s'engagent peu à peu entre la France et L'Angleterre. Au début de 1627, La Rochelle, Ré et Oléron, sans guerre déclarée, menacent de devenir une base anglaise.

En septembre 1927, les Anglais occupaient l'île de Ré.

Le 10 septembre 1927, le maire de La Rochelle fait tirer du canon sur les troupes royales. La répression ne se fait pas attendre.

Louis XIII et Richelieu viennent mettre le siège devant la ville le 12 octobre 1627. Pour la bloquer du côté mer, Richelieu ferma l'entrée du port par une digue fortifiée reliant les Minimes à port neuf et la cité est entourée d'une ceinture de 12 kilomètres de long.

Les habitants compte sur les troupes anglaise pour venir les aider. Mais la flotte anglaise vient d'être mise en échec dans l'île de Ré. Il n'y aura pas de renfort pour la résistance Rochelaise.

Le 30 avril 1628, Jean Guiton, fut réélu maire de la ville. Il promit de transpercer de son poignard le premier de ses concitoyens qui parlerais de capituler.

Cependant, la disette faisant rage, et le dernier espoir d'un secours venu d'Angleterre évanoui, la ville dut se résoudre à capituler, le 26 octobre 1628. Il ne restait plus qu'un quart de la population.  Le traité fut signé le lendemain. Le roi imposa la suppression des privilège et la démolition des fortifications ainsi que la suppression de la mairie. Il entra dans la ville, avec Richelieu, le 1er novembre 1628. Le siège de La Rochelle a donc duré un peu plus d'un an, 416 jours. (Et on dit que les Bretons sont têtus!!).


LA RECONSTRUCTION CATHOLIQUE

Une période d'intense reconquête catholique commence alors. D'abord, les avantages politiques et militaires concédés par l'édit de Nantes sont supprimés, en 1629, par l'édit Alais. Ensuite, une forte immigration catholique commence. La naissance de paroisses, l'implantation de nouveaux ordres religieux : Minimes, Jésuites, Ursulines etc... se créait dans toute la cité. Et enfin, en 1648 le diocèse de La Rochelle voit le jour.

L'édit de Nantes sera révoqué le 16 octobre 1685 par l'édit de Fontainebleau. L'exode des protestants, commencé dès 1681, s'intensifia à partir de 1698 (seul 5 à 10% se convertit au catholicisme).

LE NOUVEAU MONDE

Elle se relève très vite de se drame grâce au commerce maritime. La ville reprend son activité et l'accroît.

De nouveaux liens commerciaux apparaissent. Jean Fonteneau, dit Alphonse de Saintonge, conduit une expédition de La Rochelle au Canada en 1542.

Les année 1630 - 1635 marquent le début de relation régulières avec la Nouvelle-France (Canada) et les Antilles.

En 1694, le commerce (sucre des Antilles, commerce triangulaire, fourrures du Canada) s'épanouit. La création en 1719, de la chambre de commerce montre l'importance économique de La Rochelle.

La renaissance intellectuelle et artistique de La Rochelle S'intensifie. L'Académie royale des belles-lettres, créée le 24 avril 1732, réunit des collections conservées au muséum d'histoire naturelle et constitua une bibliothèque continué par l'actuelle bibliothèque municipale.

LA RÉVOLUTION ET L'EMPIRE

La révolution et les guerres de l'empire vont, en coupant la ville de ses débouchés traditionnels, ruinées le grand commerce.

Il ne reprendra qu'en 1926 avec la création du premier établissement de bain sur les allées du Mail. On lui donnera le nom de "Bains Marie-Thérèse" en l'honneur de la Duchesse d'Angoulême, fille de Louis XVI.

La création du port de La Pallice, inauguré le 19 août 1890 confirmera ce renouveau. Ces nouvelles installations portuaires vont dynamiser le grand commerce maritime.

LE DERNIER SIÈGE DE LA ROCHELLE

Les qualités nautiques de La Pallice feront qu'au cours de la deuxième guerre mondiale, une base sous-marine allemande y sera établie.

Pendant l'occupation allemande, le maire, Léonce de Vieljeux, est fusillé au camp de Stuhof , le 1er septembre 1994.

De septembre 1944 à mai 1945, la ville comprise dans les poches de l'atlantique est assiégée par les troupes françaises. Mais,Malgré qu'elle soit devenu pendant 8 mois, une poche de résistance ennemi, la vieille ville n'aura pas subi de destructions importantes.

La Rochelle fut la dernière ville de France libérée le 8 mai 1945.

DE NOS JOURS

Des années 50 à nos jours, la ville va connaître une forte poussée démographique (quatre nouveaux quartiers périphériques seront créés).

Le littoral et le développement du  tourisme constitue un atout économique.

Plusieurs grands aménagements sont créés et montre bien son essor :
  Un port de plaisance permettant d'abriter 3500 bateaux (le plus grand port de plaisance d'Europe sur la face Atlantique)
  Un port de pêche
  Une université en 1991
  et l'arrivée du TGV

"Si je trouve d'autres renseignements, je complèterais sinon : c'est la FIN"